UNE SOLUTION ÉCOLOGIQUE POUR RECYCLER LES PNEUS

Tyre Recycling Solutions transforme les pneumatiques usagés en une poudre aux multiples applications industrielles. L’entreprise vaudoise exporte aujourd’hui son savoir-faire au Moyen-Orient et en Chine et dans les pays de l’Est.

Des milliards de pneus usagés s’amassent dans des décharges à travers le monde. Lorsqu’ils sont brûlés, ils relâchent des substances extrêmement toxiques pour l’homme et l’environnement. Afin de résoudre ce problème, Tyre Recycling Solutions (TRS) a conçu un procédé inédit de recyclage des pneus par la transformation de la gomme en une poudre destinée à différents usages industriels. Fondée en 2013, l’entreprise emploie aujourd’hui 15 collaborateurs hautement qualifiés au sein de son siège basé à Préverenges où se trouve aussi son laboratoire de R&D.

TRS intègre trois innovations brevetées dans son processus de recyclage: une machine découpe d’abord le pneu en trois parties plates. Ces éléments sont ensuite pulvérisés par un jet d’eau à très forte pression, avant qu’intervienne une séparation du métal, de la fibre synthétique et du caoutchouc. Les deux premières matières sont revendues directement sur le marché. La troisième est commercialisée sous forme de poudre. L’entreprise développe également un projet de R&D inédit qui fait appel à la biotechnologie: ils utilisent des bactéries afin de «dévulcaniser» leur poudre, autrement dit à défaire les liens de soufre entre les chaînes de molécules de caoutchouc afin d’améliorer la capacité de la poudre à se mélanger avec d’autres matériaux.

Tyre Recycling Solutions

Chiffres-clés

2013

l’année de création de l’entreprise

800-1’000

en CHF, le prix de revente de la poudre TyreXol à la tonne

18 millions

en CHF, les fonds levés depuis 2013

3’150

en m2, la surface de l’usine d’Yvonand

Baptisée TyreXol, la substance produite par TRS pourrait remplacer 15 à 20% du caoutchouc naturel ou du polyuréthane qui entrent actuellement dans la composition des pneus neufs ou des pièces automobiles moulées. Elle peut également être utilisée pour produire des câbles industriels ou des joints d’étanchéité, ou encore servir à la fabrication de semelles de chaussures. Le TyreXol est vendu de 800 à 1’000 CHF la tonne, un prix relativement élevé par rapport à l’offre existante de caoutchouc.

Cependant, le produit de TRS devrait profiter de la sensibilité écologique toujours plus forte des nouvelles générations de consommateurs. «Le marché du durable et du recyclable est aujourd’hui en pleine expansion car les entrepreneurs commencent à se rendre compte de la profitabilité de la cleantech», explique Staffan Ahlgren, CEO et cofondateur de TRS.

«Notre entreprise est née dans le canton et nous comptons y rester. La qualité de vie de la région représente un avantage considérable pour nos collaborateurs.»

Staffan Ahlgren
CEO et co-fondateur,

Expansion suisse et internationale

Soutenue par la Fondation pour l’innovation technologique (FIT), TRS possède aujourd’hui un fort potentiel de croissance. Depuis 2013, l’entreprise a levé près de 18 millions de francs. Elle va inaugurer prochainement une installation-pilote à Yvonand. «Cette usine de 3’150 m2 permettra de montrer aux investisseurs et aux acheteurs les possibilités offertes par notre technologie.»

La start-up compte également exporter son procédé industriel à l’étranger. L’ouverture d’une usine au Moyen-Orient est prévue pour l’année prochaine. En parallèle, l’entreprise a engagé un partenariat stratégique avec un groupe chinois actif dans l’environnement et le recyclage en Asie. À la clé: la construction de cinquante usines en Chine d’ici à 2028.

UNE AIDE PRÉCIEUSE DE LA PROMOTION ÉCONOMIQUE

Tyre Recycling Solutions (TRS) rappelle volontiers son attachement au canton de Vaud: «Notre entreprise est née dans le canton et nous comptons y rester, résume Staffan Ahlgren, directeur général et cofondateur de TRS. La qualité de vie de la région représente un avantage considérable pour nos collaborateurs». L‘entrepreneur d’origine suédoise s’est installé dans le canton dans les années 1970 où il a d’abord travaillé dans la finance avant de lancer son entreprise de recyclage de pneus.

Pour lui, l’écosystème du canton, rythmé par un climat d’innovation, valorise l’activité économique: «Les entrepreneurs doivent impérativement travailler en réseau et s’entraider. Le canton encourage et favorise ces discussions. Certaines entreprises parrainent des start-up au sein même de leurs infrastructures, ce dont nous avons d’ailleurs pu bénéficier à nos débuts. De fait, de nombreuses start-up innovantes émergent chaque année dans la région.» Staffan Ahlgren souligne également «le dynamisme et la qualité de l’enseignement des hautes écoles de la région et notamment de l’EPFL, qui constituent un réel atout pour l’entreprenariat. D’ailleurs, la plupart de nos collaborateurs sont des ingénieurs formés dans cette école de haut-niveau.»