Le pionnier dans la prévention de la fraude bancaire

La société vaudoise NetGuardians a développé une technologie innovante permettant de lutter contre la criminalité financière. Elle propose à ce jour ses solutions dans plus de 15 pays.

Basée à Yverdon, NetGuardians est une société active dans la fintech reconnue aujourd’hui mondialement pour ses solutions de prévention de la fraude et d’atténuation des risques. Ces dernières sont développées par des experts spécialisés dans les risques, plus particulièrement au niveau des institutions financières. «Nous combinons notre compréhension du secteur et notre technologie d’analyse avancée afin d’être leader en matière de lutte contre la criminalité financière», indique la porte-parole Mine Fornerod.

Etant donné que les institutions financières disposent d’une organisation propre et d’aptitudes au risque différentes, les solutions de NetGuardians sont adaptées à chaque demande spécifique. Ces «packages» peuvent aider les banques à lutter contre divers types de fraudes: internes, e-banking ou mobiles.

La société a été fondée en 2007 par deux étudiants en génie logiciel de la Haute École d'ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), Joël Winteregg et Raffael Maio, en tant que spin-off de l’école. Sa principale innovation réside dans sa capacité à détecter la fraude avant que celle-ci ne se produise, grâce à sa technologie d’analyse comportementale. Son approche holistique, c’est-à-dire la capacité à analyser les comportements humains dans l’ensemble du système bancaire, permet alors de détecter les fraudes les plus complexes, jusque-là passées inaperçues. L’institut de recherche Gartner a d’ailleurs nommé en 2015 la société «Cool Vendor» et souligné l’efficacité de sa technique.

Profilage et apprentissage automatique

L’unicité de NetGuardians, qui emploie plus de 70 collaborateurs, consiste à utiliser le profilage et l’apprentissage automatique, mais aussi à associer les comportements des utilisateurs aux transactions bancaires. Les solutions de NetGuardians aident les institutions financières à combattre la fraude et les assistent au niveau de la conformité réglementaire. «Nous utilisons la métaphore de la machine Nespresso pour décrire nos solutions, indique Mine Fornerod. Notre plateforme software représente la machine. Nous préparons des solutions, les capsules, qui intègrent divers scénarios de fraude ou différents types de réglementations.»

Afin d’analyser les comportements des utilisateurs dans l’ensemble du système bancaire, l’entreprise s’appuie sur le Big Data. Grâce au profilage dynamique, elle établit un profil de risque au niveau individuel, qu’il s’agisse d’un client ou d’un employé. Lorsqu’un comportement inhabituel survient, des alertes en temps réel sont envoyées aux enquêteurs afin qu’ils puissent prévenir une fraude en temps opportun. En outre, à travers l’apprentissage automatique, le modèle de la société peut améliorer constamment ses capacités, ce qui permet d’aboutir à une modélisation des risques de plus en plus fiable et à des coûts réduits pour les banques.

A la différence de la plupart de ses concurrents, NetGuardians se spécialise principalement dans les fintechs au lieu de proposer des solutions d’analyse de données à différents secteurs, comme la santé ou les gouvernements. Elle dispose aujourd’hui de plus de 60 clients dans 15 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique.

NetGuardians a été la première société à sortir de l’incubateur Y-Parc. Elle poursuit aujourd’hui encore des projets de recherche en machine learning et en intelligence artificielle avec la HEIG-VD. Outre son siège basé à Yverdon, elle compte des bureaux au Kenya, en Pologne et à Singapour. Et l’entreprise ne compte pas en rester là: forte d’une croissance supérieure à 50% par année, elle envisage d’ici un an de doubler ses effectifs à 120 employés.

Une aide précieuse de la promotion économique

A ses débuts, NetGuardians a reçu un financement de la Fondation pour l’innovation technologique (FIT), ce qui lui a permis de se lancer. «Notre attachement à la région est profond, note Mine Fornerod. Nous y sommes nés. Le prototype du logiciel a été développé par Joël Winteregg au sein de la HEIG-VD. Nous avons une vision globale avec des racines suisses ancrées dans le canton de Vaud.»

Au fil des ans, la société a établi des partenariats et des synergies avec des sociétés telles que Temenos, Swisscom, Sofgen, EY Singapore ou Sysmosoft (également issue du Y-Parc). NetGuardians est aujourd’hui une scale-up grâce à trois levées de fonds: une première d’un million de francs en 2011, une seconde de 5 millions en 2014 et une dernière en 2017année de 8,5 millions.

L’entreprise doit une partie de son succès international au support du Service de la promotion de l'économie et de l'innovation (SPEI). «Ce service nous a supporté financièrement ces dernières années dans la cadre de nos ventes et activités marketing à l’étranger, indique Mine Fornerod. Par exemple, nous avons obtenu un financement pour les événements internationaux auxquels nous avons participé et présenté nos solutions. Cela nous a permis de nous étendre à de nouveaux marchés et d’être labellisés Scale Up Vaud.»